Qu’est-ce que le cuir doré ?
Le cuir doré, dont les origines remontent au sixième siècle, est un cuir revêtu d’un éclat doré. Cet éclat est obtenu en appliquant de l’argent en feuille sur le cuir, puis en le scellant avec un vernis jaune. Le cuir doré n’est donc pas véritablement doré : c’est un cuir argenté transformé en or.
Des feuilles de cuir sont tendues et recouvertes d’une fine couche d’argent en feuille. Pour empêcher l’oxydation immédiate, deux couches de vernis sont appliquées, et ce sont ces vernis qui donnent la couleur dorée finale. Une fois le vernissage terminé, les couleurs restantes sont appliquées à la main.
Une autre technique consiste à presser un relief dans le cuir. Ce cuir dit « gaufré » était à l’origine caractéristique des Pays-Bas du Nord. À l’aide d’un moule, le cuir est pressé en relief, puis peint à la main et, si nécessaire, détaillé à la peinture.
Toutes les peintures et tous les vernis utilisés sont à base d’eau, conformément aux réglementations modernes. Le cuir tanné végétal avec lequel nous travaillons donne naissance à un produit artisanal, honnête et respectueux de l’environnement.

Le cuir doré au Moyen Âge
Au Moyen Âge, le cuir doré était produit en Espagne. Les Espagnols l’appelaient « Guadamaciles ». Il était fabriqué dans plusieurs villes, dont Cordoue, où la fabrication du cuir doré existait déjà au IXe siècle selon les sources. Cordoue servait d’exemple à de nombreux autres lieux de production qui s’établirent ensuite dans le Nord de l’Espagne. Parmi les villes connues figurent Madrid, Valladolid et Ciudad. Le cuir doré était également produit au Portugal, à Lisbonne. La production et la qualité étaient contrôlées par des guildes. Du XIVe au XVIIe siècle, le cuir doré fut exporté vers diverses régions d’Europe.
Le cuir doré au XVIIe siècle
À partir du XVIIe siècle, le reste de l’Europe commença également à produire du cuir doré. Pour l’Espagne, ce fut un coup dur pour son industrie du cuir doré. Les nouvelles entreprises s’établirent surtout en Italie, avec Venise comme principale ville. La technique y fut légèrement modifiée en utilisant moins de relief lors du travail. Ce cuir doré arriva aussi en France et en Flandre, où l’on en produisait depuis 1511. En Angleterre, aux Pays-Bas et en Allemagne, on en produisait également à la même époque. Le premier atelier de cuir doré des Pays-Bas du Nord vit le jour en 1612.
Le cuir doré au XVIIIe siècle
Jusqu’en 1797, Malines fut un très important centre de production de cuir doré. Dans le Nord des Pays-Bas, Amsterdam et La Haye étaient les principaux centres de production. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le cuir doré connut aux Pays-Bas un immense succès comme revêtement mural.
Le cuir doré aux Pays-Bas
Le cuir doré des Pays-Bas est réputé pour son relief prononcé. Tandis qu’en Espagne et en France on utilisait surtout du cuir de mouton et de chèvre, aux Pays-Bas on privilégiait le magnifique cuir de veau, souple et raffiné. Le cuir doré servait de revêtement mural, mais s’appliquait aussi sur chaises, meubles et coffres. On le retrouve dans les palais, châteaux et bâtiments officiels.